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BlablaARTS - Brigitte Roussey

Expositions - Beaux-Arts

Vasarely, le partage des formes, à Paris

Paris - Exposition

Centre Pompidou

Jusqu'au 6 mai 2019

Vasarely - "Arny" 1967-68 - Papiers sérigraphies, découpés et collés sur contreplaqué

Victor Vasarely est cet artiste inclassable qui occupe une place particulière dans l’histoire de l’art. La grande rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou retrace les multiples facettes de" son travail depuis ses débuts à la suite du Bauhaus jusqu'à  ses dernières recherches formelles. Première exposition parisienne après celle du Musée des Arts décoratifs en 1963, elle invite ses visiteurs à découvrir le fil conducteur d’une œuvre encore mal connue aujourd’hui, surtout chez les plus jeunes.

 

L’exposition réunit 300 œuvres dont certaines n’ont été que rarement montrées ou même inédites : 75 peintures, 40 études/dessins, une tapisserie, 59 objets/sculptures, une maquette, des publicités et de nombreux projets architecturaux. Elle est présentée dans la Galerie 2 au niveau 6 du bâtiment. Le parcours chronologique et thématique se partage en sept séquences qui reprennent les grandes étapes des expérimentations de l’artiste.

 

Vasarely - "Forme 1010" vers 1973 - Porcelaine

Victor Vasarely (1906-1997) est né en Hongrie, à Budapest. Dès son installation à Paris en 1930 à tout juste 24 ans, il commence une carrière reconnue de graphiste publicitaire (Havas). A la fin de la Seconde Guerre Mondiale il abandonne cette technique au profit de la peinture qu’il qualifiera plus tard de « fausses routes ». Il crée au milieu des années 50 l’art optique et cinétique sous le nom de Op Art, basé sur les illusions d’optique. La critique salut ses innovations. Tout d’abord en noir et blanc, ses œuvres prennent ensuite des couleurs flamboyantes avec des images qui vibrent en leur donnant presque une troisième dimension. Quelques années plus tard Vasarely met au point son "Alphabet plastique" pour définir un langage qu’il veut universel et compréhensible par le plus grand nombre. Dès 1960 ses formes se confondent et deviennent floues; ses lignes se déforment et ses couleurs vibrent de plus en plus. Leur pouvoir hypnotique est évident. L'année 1965 et le succès de son exposition à New-York, marque une évolution dans son travail. Il se tourne vers l’architecture où il excelle, en intégrant ses idées utopiques à l’art de la ville : le nouveau bâtiment de la gare Montparnasse à Paris ou le siège de Renaud à Boulogne Billancourt.(""

 

Les œuvres de jeunesse influencées par les avant-gardes de l’époque ouvrent le parcours (« l’Homme » 1943 – « Etude de mouvement» 1939). Puis les peintures des années d’après - guerre (« Hommage à Malevitch » 1954-58). Sa période « Vonal » 1964-70 prend une dimension spatiale avec la répétition de lignes décroissantes qui conduisent l’œil au centre de l’œuvre, tandis que celle des « Vega » 1968-73 donnent l’illusion de gonflements qui déforment les lignes (« Vega » 1956 – « Supernoval » 1959-61…). Avec les années les nuances chromatiques se multiplient pour donner des combinaisons de formes et de couleurs infinies (« Kalota II » 1960-64 – « Lacoste» 1969 – « Arny » 1967-68). Le succès est immense.

La septième séquence du parcours illustre les dernières recherches de Vasarely, ses expérimentations qui oscillent entre science et fiction. Peintre de l’atome et de l’énergie des particules, il rêve de conquêtes spatiales : deux magnifiques acryliques sur toile « Szem »

Vasarely - "Szem" 1970 - Acrylique sur toile

1970 et « Vonal Zold » 1968. Ses dernières années avant sa mort en 1997 sont assombries par les prémices de l’affaire Vasarely et l’oublie sensible de ses œuvres : la mode a changé !

 

Une grande exposition, une œuvre forte et prolifique, un illusionniste de génie ! Vasarely laisse derrière lui un héritage capital dans le domaine de l’art cinétique.

 

Brigitte Roussey

 

https://www.le-tout-lyon.fr/-vasarely-le-partage-des-formes-paris-10718.html

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