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BlablaARTS - Brigitte Roussey

Expositions - Beaux-Arts

Wilhem Hammershoi, grand peintre danois

Paris - Exposition

Musée jacquemart André

Jusqu'au 22 juillet 2019

Femme de l'artiste dressant la table - 1884-1888

C’est toujours un réel plaisir d’aller voir les expositions du Musée Jacquemart André car elles sont souvent très réussies ! Aujourd’hui il honore le peintre danois Wilhem Hammershoi (1864-1916) dont les œuvres étranges ont marqué son époque. Fêté de son vivant et trop vite oublié, cette première rétrospective qui lui est consacrée en France, depuis plus de vingt ans, répare cette injustice en redonnant à ce grand peintre surnommé parfois le « Vermeer danois » la place qu’il mérite dans l’histoire de l’art.

 

Intérieur dit "Au Repos" - 1905

« Peintre du silence et de la lumière », son œuvre raffinée intrigue par la solitude et le mystère qu’elle dégage. Des paysages déserts, des intérieurs vides, des figures vues de dos ou occupées à des tâches familières, autant de motifs aux décors sévères éclairés par des plans lumineux avec des clairs obscurs superbes.

Au-travers une quarantaine de peintures, l’exposition propose en huit séquences la redécouverte d’un artiste énigmatique et fascinant, qui est resté à l’écart des modes et du travail de ses contemporains.

Portrait d'Ida, la future femme de l"artiste" - 1890

 

L’homme est effacé et taciturne aussi son univers est à son image : intime, étrange, silencieux, dépouillé et immobile. Ayant peu d’amis il choisit ses sujets parmi les siens : Ida sa femme, Svend son frère et Peter Listed son beau-frère, ainsi que son ami fidèle Carl Holsoe. Sans atelier il aime travailler chez lui dans son cadre familier. On lui connait quelques paysages et de rares portraits mais ce sont ses magnifiques « Intérieurs » qui l’ont rendu célèbre. A la fin de sa vie alors qu’il est très malade, il peint quelques nus, un genre marginal dans sa production.

 

Sa palette est très restreinte : essentiellement des déclinaisons de gris, des bruns, éclairés par des blancs et quelques pointes de jaune. Sa touche est calme et fine et sa matière peu travaillée laisse une surface lisse à ses tableaux qu'il peint lentement en définissant ses compositions par des lignes géométriques et des plans lumineux.

Nu féminin - 1910

 

Les œuvres sont présentées dans 8 salles qui illustrent chronologiquement et par thèmes les périodes importantes de la vie et du travail de Hammershoi. Citons le merveilleux « Portrait de Ida, future femme de l’artiste » 1890 – « Les trois jeunes femmes » 1895, figées, sans la moindre interaction entre elles – le « Portrait de sa mère » 1896 – « l’Intérieur avec un jeune homme lisant » 1898, les premiers « Intérieurs ». Quelques paysages retiennent notre attention : « Paysage (Vue de Refsnoes) » 1900 où le peintre a éliminé tous les détails anecdotiques et pittoresques

Eglise Saint Pierre, Copenhague - 1906

  "Eglise Saint Pierre, Copenhague » 1906, noyée dans la brume – "Nu féminin » de 1910 qui surprend par sa froideur sculpturale. Les deux dernières salles regroupent les « Intérieurs », silencieux et mystérieux :  "Femme arrangeant des fleurs dans un vase " -

 « Intérieur avec une femme de dos » 1898 – « Intérieur avec un pot de fleurs, Bredgade » 1910-11 où l’on voit un rayon de soleil se refléter sur la table en bois vernis - "Rayon de soleil dans le salon" 1905...

 

Rayon de soleil dans le salon - 1903

Poète du vide et de la lumière, Wilhem Hammershoi a laissé une œuvre d’une beauté sévère, hors du temps, qui séduit encore aujourd’hui par sa modernité.

 

Brigitte Roussey

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