Expositions - Beaux-Arts
11 Juin 2026
Lyon - Exposition
Musée des Confluences
Du 4 juin 2026 au 2 janvier 2027
Cette nouvelle exposition du musée des Confluences, la quatrième consacrée à la photographie, propose à ses visiteurs une découverte de la Corée du Nord, le pays le plus fermé du monde, à travers les photographies très intéressantes de Stéphan Gladieu (1969). Il lui a fallu trois ans et 5 voyages pour réaliser, entre 2017 et 2020, une série de portraits magnifiques malgré les contrôles incessants qu’il a subis et qui ont rendu son travail difficile. Ses modèles choisis au hasard de ses rencontres, sont photographiés de face, toujours devant des mises en scène d’arrières plans aux codes de propagande parfois modifiés. Il a eu très peu de marge de manœuvre aussi les scènes de la vie quotidienne qu’il nous livre montrent une Corée du Nord totalement robotisée. Ses modèles individualisés et son approche sensible et humaniste sont les fils conducteurs de l’exposition.
Stéphan Gladieu vit et travaille à Paris. Son style très personnel axé principalement sur le portrait, témoigne d’une grande recherche esthétique et d’un travail documentaire rigoureux. Photographe autodidacte reconnu, il expose régulièrement en France et à l’étranger.
Située en Asie orientales, limitrophe de la Chine, de la Russie et de la Corée du Sud, la Corée du Nord est un état autoritaire, socialiste, qui est l’une des dictatures les plus fermées du monde.
L’exposition réunit une quarantaine de portraits et de scènes reconstituées dont les 29 grandes photographies accrochées sur le pourtour de la salle. Les visiteurs découvrent un aperçu de ce qu’est la vie codifiée en Corée du Nord, que ce soit dans un salon de coiffure, un super marché ou à l’usine, à l’hôpital ou aux champs, autant de clichés fidèles à la réalité dans ce pays refermé sur lui- même. Les prises de vue ont toutes été faites à 5 mètres des modèles, en suivant une marque définie sur le sol, devant un arrière- plan, ce qui crée une certaine uniformité sans être répétitive.
Le parcours de la visite débute devant une grande vue de Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord. C’est une ville étrange qui semble s’étendre à l’infini dans une brume diffuse colorée. La scénographie originale de l’exposition s’inspire de l’architecture socialiste avec des cimaises centrales qui reprennent l’ordonnance, la répétition et la verticalité des constructions.
Après avoir étudié toutes les photographies présentées, nous restons confondus devant les regards vides et les visages sans expression des personnages : des scènes de rue, de soins hospitaliers, de mariage, d’employés de la ville, d’hôtesses ou d’enfants en uniforme…Les couleurs sont gaies mais les modèles sont tellement raides et figés que l’on a du mal à les apprécier avec notre sensibilité occidentale ! Le centre de la salle réunit quelques grands clichés commentés par des enregistrements de l’artiste expliquant ses démarches.
Cette importante galerie de portraits interpelle les visiteurs par la vision codifiée et stéréotypée qu’elle livre des personnages photographiés le plus souvent de face, dans leurs habits quotidiens, qui regardent sans les voir les spectateurs. L'exposition est à voir sans attendre !
Brigitte Roussey